11 mars 2009

Afia Mala, la diva de la musique togolaise à Cuba

AfiaMalaElle a enregistré son dernier album à La Havane avec l’orchestre Aragon

Afia Mala, que l’on surnomme « la Princesse des rives du Mono », revient avec un 8ème album, intitulé Afia mala à Cuba, entièrement afro-cubain. Passionnée par la Salsa, la chanteuse togolaise n’a pas hésité à aller enregistrer avec l’orchestre Aragon dans le mythique studio Egrem, à Cuba. Interview

La Princesse des rives du Mono possède une voix émouvante. Elle nous fait découvrir à travers ses chansons son amour pour sa mère et son pays, les conditions des femmes et des enfants en Afrique, l’injustice et la paix. Nommée à différents prix musicaux, dont le Prix de la Découverte RFI pour sa chanson « Ten Hompte » (La Terre Noire) en 1984, Afia Mala a découvert sa vocation en 1974, lors d’un concert organisé au Palais des Congrès de Lomé (Togo) où elle a chanté devant près de 4 500 personnes. Elle nous a accordé un entretien.

A quel point votre attirance pour la salsa a-t-elle influencé cet album ?
Entièrement. J’ai toujours été influencée par la salsa. J’ai toujours mis une touche de Salsa dans ma musique. L’Afrique de l’ouest a été bercée par la salsa. Quand remonte au temps de l’esclavage, les Africains qui sont partis dans différents pays de l’Amérique ont ramené un peu de leur culture ; et après il y a eu la colonisation d’où viennent les noms de famille Da silvera, De souza, etc, au Togo et au Bénin. Nous avons été bercés par cette musique afro-cubaine. Mes parents ont toujours écouté Aragon...

Justement, vous avez enregistré dans le studio mythique Egrem de Cuba avec l’orchestre Aragon. Comment s’est faite cette rencontre ?
Je voulais aller aux sources de la musique salsa. La rencontre avec Aragon a été vraiment un miracle. Dans la vie lorsque que l’on souhaite très fort quelque chose, ça fini toujours par arriver. Je discutais avec un ami de mon envie de faire un album spécial salsa, et il m’a proposé d’aller le faire à Cuba car il connaissait bien les gens du pays, ainsi que l’orchestre Aragon. Imagine la joie que ça m’a provoqué ! Donc il m’a tout arrangé. C’était super. J’ai enregistré à La Havane, dans le légendaire studio Egrem où les plus grands artistes comme Franck Sinatra, Joséphine Becker, ont enregistré.

De quoi parlez-vous dans cet album.
Je parle de l’amour d’un enfant pour sa mère, d’où le morceau « Maman » ; de la beauté de mon pays d’où le titre « Togo » ; de l’amour d’où les titres « Tétéva », qui veut dire Approche toi de moi, et « Lonlon vavan », qui signifie le grand amour en Mina (langue togolaise).

Vous en êtes à votre 8ème album, comment expliquez vous votre succès ?
C’est un aboutissement. Beaucoup de travail. Ce disque se vend. Il n’y a que de bonnes critiques. Il vient d’avoir 3 T dans le magazine Télérama, et en plus c’est la seconde fois que nous sommes en rupture de stock. Que du bonheur !

Vous êtes une artiste polyvalente, vous passez de la musique traditionnelle au zouk en passant par la Salsa. Comment définiriez-vous votre style ?
Je pense que, quand on fait de la musique, il ne faut pas regarder qu’au bout de son nez. Il faut regarder beaucoup plus loin. Toucher tous les publics. Regardez aujourd’hui, je suis partie de Lomé pour aller faire un disque à Cuba. Je veux que mon public se retrouve dans chacune de mes chansons.

Quelles sont vos influences musicales ?
Je suis influencée par la Salsa, bien sûr, par le Blues. J’écoute toutes sortes de musique.

On vous compare souvent votre voix à celle de Bella Bellow
C’est une joie, un honneur qu’on compare ma voix à celle de Bella Below. Malheureusement, je ne l’ai pas connue. J’étais encore dans mon village de Vogan quand Bella Bellow chantait. Ses chansons m’ont bercée. Alors vous comprenez la fierté que ça représente pour moi !

Pourquoi vous appelle-t-on la Princesse des rives du Mono ?
Le mono est un fleuve qui traverse le Bénin jusqu’au Togo. Ce fleuve passe vers la maison familiale. Et mes grands parents étaient rois au Bénin. C’est pour cela qu’on m’appelle la princesse des Rives du Mono. Pour moi, je suis une princesse.

Il y a beaucoup de jeunes talents au Togo qui n’arrivent pas à sortir de l’ombre.
C’est très compliqué au Togo, nous n’avons pas de producteur proprement dits, ni de bons studios d’enregistrement. Pour faire un bon disque, il faut sortir de Lomé. Les moyens sont faibles et, en plus, avec la crise du disque, les gens n’osent pas investir dans la production des jeunes artistes. Ils ont peurs. C’est triste à dire, mais il faut que les jeunes essaient de se démarquer

Et avec la crise du disque, comment vous en sortez-vous, les artistes ?
Nous essayons de vendre partout. En plus de ça, il y a la vente numérique qui marche bien. Malheureusement, le Togo ne possède pas les outils nécessaires pour la nouvelle technologie. C’est dommage. Il faut que les autorités togolaises nous aident à développer notre art parce que ça ne touche pas que l’univers de la musique. Il y a aussi les peintres, par exemple… la liste est longue.

Vous vivez à Islamabad, au Pakistan...
Je voyage beaucoup. Mon mari est souvent muté dans différents pays. Actuellement, nous sommes au Pakistan, mais je fais des va-et-vient entre Lomé et Islamabad.

Quelles sont les dates de concert prévues ?
Je serai à la Bellevilloise, à Paris, le 25 mars. Et puis je ferai une grande tournée en mai avec l’orchestre Aragon. Vous pouvez retrouver toutes mes actualités sur mon site

Pour plus d’informations :

- Consulter le site d’Afia Mala

- Commander l’album Afia mala à Cuba, Label Frochot Musique / Cantos – distribution PIAS, 2008

Posté par Essy à 11:07 - Permalien [#]